Les risques de voie d'eau à bord et les moyens de prévention et de lutte

   24/07/2026     Home
Les risques de voie d'eau à bord et les moyens de prévention et de lutte

Eau les cœurs ! Tout est poison, rien n'est poison, c'est la dose qui fait le poison. Ainsi pour l'eau. En navigation de plaisance, l'eau est le support de transport. Mais elle peut être dangereuse, voire mortelle, en cas de voie d'eau dans le bateau. L'idée est de les prévenir. Puis, de les gérer au mieux. Les risques de voie d'eau à bord et les moyens de prévention et de lutte existent. Ils sont à connaître et à maîtriser.

LH Marine vous accompagne donc pour gérer le trop plein d'eau à bord, et la manière de réagir. Élément de la vie, l'eau, salée comme douce, peut s'avérer plus que dangereuse, jusqu'à la submersion.

Un bon entretien du bateau (état des pompes, des tuyaux, des colliers), la vigilance (avec les autres bateaux, arrimage des objets lourds), la prévention (fermeture des vannes non utilisées, renforcement des fermetures), la vérification d’absence d’eau (pas d’eau dans les fonds, boucher les éventuelles infiltrations)… Tous ces éléments, uniques et combinés, participent à limiter tout excès d’eau impropre et inconvenant.

 

Rappel du cours théorique

Un dispositif d'assèchement manuel à bord doit être adapté et efficace, c'est-à-dire d'une capacité en rapport avec le volume intérieur de la cabine et de la cale :

– pompe à main, seau ou écope ;

– pompe de cale manuelle ;

– pompe de cale électrique.

 

En cas de location, le professionnel doit indiquer les précautions nécessaires à prendre. Il est primordial de prendre le temps de vérifier ces points essentiels et le matériel adapté. Tout comme demander les précisions nécessaires pour son utilisation. Et, si possible, il est bon de tester le matériel spécifique avant le départ en présence du loueur.

 

Goûter l’eau

·       Douce : c’est un réser­voir crevé, une accu­mu­la­tion d’eau de conden­sa­tion ou de pluie.

·       Chaude : une durit du circuit de refroi­dis­se­ment du moteur est percée.

·       Salée : la mer entre dans le bateau.

·    Sur mer : si l'eau est douce, il s'agit d'une fuite de réservoir interne, d'où une quantité limitée d'eau. Fermer les vannes d'arrivée d'eau est le premier des réflexes. Si elle est salée, la complexité est autre. Sur les eaux intérieures, une voie d'eau douce interroge quant à sa provenance.

 

En tant que chef de bord, les gestes doivent être maîtrisés, et l’équipage bien formé. La gestion du stress s'avère primordiale, d'où un second de qualité et de confiance. Cette symbiose de groupe est importante pour toute sortie bateau, et encore davantage dans les éventuels moments de crise.

 

Processus à suivre

  • Remon­ter la fuite en la suivant à la main.
  • Véri­fier chaque vanne, tuyaux et passe-coque.
  • Aveu­gler la voie d’eau par l’in­té­rieur avec tout ce que vous avez sous la main : paillet, cous­sin, mate­las, etc.
  • Poser une planche dessus pour assu­rer la rigi­dité de l’en­semble.
  • Colma­ter la brèche par l’ex­té­rieur en utili­sant une voile ou un prélart.
  • Boucher le trou si cela est possible avec un maté­riau poly­mé­ri­sant pour limi­ter la voie d’eau le temps de rallier le port le plus proche.

   

Admission et évacuation d'eau du moteur

  • Manipuler régulièrement les vannes.
  • Placer les pinoches appropriées à proximité.
  • Les pinoches sont de petits cônes de bois servant à obturer la voie d'eau d'une admission ou d'évacuation faite dans la coque. Les pinoches ne sont pas à utiliser pour obturer un trou dans une coque plastique.

 

Admission et évacuation d'eau en cabine

  • Manipuler régulièrement les vannes.
  • Placer les pinoches appropriées à proximité.
  • Former l’équipage à une bonne utilisation des toilettes marines.

 

Panneaux de pont, hublots et manches à air

  • Fermer et verrouiller les panneaux de pont et les hublots.
  • Tourner les manches à air vers l'arrière.
  •  

Passe-coque instrumentation

  • Contrôler à chaque carénage*.
  • Placer les bouchons appropriés à proximité.

 

Mèche de safran et presse-étoupe

  • Contrôler visuellement le suintement du presse-étoupe*.
  • Si nécessaire, à chaque carénage : resserrer la mèche de safran et remplacer la bague du presse-étoupe.

 

ATTENTION ! Si la voie d'eau n'est plus contrôlable, il faut se préparer à évacuer le bateau. Lancez un MayDay au canal 16 de la VHF pour assistance immédiate. Ou contacter le bateau le plus proche. N'hésitez pas à vous rapprocher de la SNSM pour tout conseil avant de prendre la barre.

  

LA VIDEO EXPLICATIVE D'EDISER MOBILE

Ca tourne ! L'éditeur Ediser propose une vidéo explicative détaillée d'une douzaine de minutes expliquant la voie d'eau en bateau : préparation, construction du bateau, les réactions…

 

GLOSSAIRE

Carénage : action de nettoyer, calfater et, si nécessaire, repeindre la carène d’un bateau, mis au sec à cet effet. Par extension. Pratiquer ces opérations sur tout le bordé ou pratiquer sur la coque un radoub complet. – Carène, partie immergée de la coque d’un navire, comprenant les œuvres vives, soit la quille et les flancs jusqu’à la ligne de flottaison. Autrefois, carénage.

Pinoche : cône en bois servant à obstruer une voie d'eau.

Presse-étoupe : pièce métallique assurant l'étanchéité des arbres de transmission du moteur.

 

SOURCES : SNSM, Ediser, VNF.

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